L’épidémiologie qui est l’étude des liens existant entre les pathologies ou tous autres phénomènes biologiques et divers facteurs socio-environnementaux (mode de vie, milieu ambiant ou social, caractéristiques individuelles…) susceptibles d’exercer une influence sur leur fréquence, leur distribution, leur évolution… se nourrit très largement de méthodologies statistiques. De nombreux organismes, en particulier l’INSERM, ont créé depuis longtemps des unités de recherche en épidémiologie dans lesquels de nombreux statisticiens travaillent.
Les épisodes parfois tragiques liés à la maladie de la vache folle, aux poulets à la dioxine, à la listériose… ont incité les instances sanitaires à développer de façon massive des études d’évaluation des risques sanitaires tant dans le domaine de l’épidémiologie humaine que de l’épidémiologie animale. Dans d’autres secteurs comme celui de l‘environnement, les risques de pollution sont aussi très importants et peuvent avoir des conséquences en matière de santé. Par exemple, l’augmentation régulière du parc des incinérateurs consécutive à la progression importante des ordures ménagères au cours des 20 dernières années a conduit les Instances de contrôle à demander une évaluation des risques de malformations congénitales d’origine masculine et féminine liées aux émissions de polluants tels les métaux lourds, les poussières et les dioxines. Ce travail particulièrement complexe en raison de l’effet « temps » mais aussi compte tenu des différences de situations entre zones exposées et zones non exposées comporte des biais de confusion qu’il convient d’identifier : trafic routier important surajoutant l’effet « dioxine », zones industrielles « brouillant » l’effet incinérateur… autant d’écueils que le statisticien doit être en mesure de maîtriser pour conduire son étude avec rigueur et apporter des résultats non contestables.